Airbus retrouve de l'élan après un début d'année poussif dans les livraisons d'avions
L'accélération des livraisons d'avions commerciaux et la montée en puissance des activités de défense ont propulsé Airbus qui a affiché une solide santé financière au premier semestre 2026.
Son bénéfice net a bondi de 47% à 2,2 milliards d'euros au premier semestre et son chiffre d'affaires a progressé de 12% à 33,2 milliards d'euros.
C'est principalement l'amélioration du rythme des livraisons d'avions commerciaux au deuxième trimestre par rapport au premier au cours duquel l'avionneur avait été pénalisé par la pénurie de moteurs de l'américain Pratt & Whitney, qui a permis à Airbus de redresser la barre.
"Nos bons résultats au premier semestre reflètent principalement le niveau plus élevé des livraisons d’avions commerciaux et les solides performances de nos activités défense et espace, dans un environnement complexe et en rapide évolution", a déclaré le directeur général d'Airbus Guillaume Faury cité dans un communiqué.
- "Confiance" -
Sur le seul deuxième trimestre, entre avril et juillet, le bénéfice net a plus que doublé (+126%) à 1,7 milliard d'euros, et le chiffre d'affaires a progressé de 28% à 20,5 milliards par rapport à la même période de l'année dernière.
Le flux de trésorerie disponible a été positif à 1,3 milliard d'euros au deuxième trimestre mais négatif de 1,2 milliard d'euros sur l'ensemble du premier semestre.
L'avionneur avait annoncé le 8 juillet avoir livré 351 appareils au premier semestre, soit 15% de plus que l'année précédente.
Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté de près car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.
"Notre attention portée à une exécution rigoureuse porte ses fruits, comme l’illustrent les solides livraisons du deuxième trimestre. Cela renforce notre confiance dans nos performances futures", a souligné mercredi Guillaume Faury.
Airbus prévoit de porter cette année à 870 son record de livraisons annuelles, mieux qu'en 2019 où il l'avait établi avec 863 appareils.
Le mois de juin a été marqué par l'inauguration dans l'usine de Blagnac, à côté de Toulouse, d'une seconde chaîne d'assemblage pour l'A320, son avion monocouloir le mieux vendu.
Airbus qui emploie près de 170.000 personnes assemble des avions sur huit autres chaînes dans le monde, en Allemagne, en Chine et aux États-Unis.
Le groupe reste dépendant des livraisons de ses fournisseurs motoristes: si le problème semble résolu pour les moteurs Leap de la CFM, coentreprise du français Safran et de l'américain GE qui équipent 60% de ses monocouloirs, il persiste pour les moteurs de Pratt & Whitney.
Ces derniers mois, "on a eu moins de moteurs de la part de Pratt & Whitney que ce dont on avait besoin", relevait le patron d'Airbus Guillaume Faury en juin.
- 42.000 avions à livrer d'ici 2045 -
Airbus a estimé début juillet que le trafic aérien mondial de passagers allait plus que doubler dans les 20 années à venir.
Alors que 23.310 appareils de plus de 100 places étaient en service dans le monde en 2025, Airbus prévoit qu'ils seront 45.550 en 2045. Près de 20.000 avions devraient être remplacés, et plus de 22.000 s'ajouter à la flotte actuelle, soit quelque 42.000 avions à livrer au total.
Le marché est actuellement partagé entre deux constructeurs, qui en ont livré un peu moins de 1.400 en 2025: 793 pour Airbus, et 600 pour son rival américain Boeing.
Après des années de crises dues au problèmes de qualité de sa production, Boeing redresse la tête. Il a encore achevé le dernier trimestre dans le rouge mais il a réussi à améliorer son chiffre d'affaires (+8% sur un an à 24,56 milliards de dollars) et à dégager un flux positif de trésorerie de 631 millions de dollars.
Depuis le début de l'année l'américain a remis à ses clients 314 avions, en progression de 12% sur un an.
Côté commandes, au salon aéronautique de Farnborough qui s'est achevé la semaine dernière au Royaume-Uni, Boeing s'est imposé face à Airbus, avec 173 commandes fermes et options exercées contre 154 pour le géant européen.
M.F.Schmitz--JdB