Journal De Bruxelles - Mis en cause sur les droits humains, Accor se défend et met en place des mesures

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Mis en cause sur les droits humains, Accor se défend et met en place des mesures
Mis en cause sur les droits humains, Accor se défend et met en place des mesures / Photo: Charlotte SIEMON - AFP

Mis en cause sur les droits humains, Accor se défend et met en place des mesures

Le géant français de l'hôtellerie Accor, attaqué en mars par une société financière l'accusant de "traites d'êtres humains", s'est défendu mercredi en présentant les résultats d'audits et la mise en place de nouvelles mesures lors d'une assemblée générale où la succession du PDG a aussi été abordée.

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Traite d'enfants en Russie, prostitution dans d'autres pays, affaires Epstein et DSK... Accor avait été la cible en mars d'un rapport virulent du fonds spéculatif Grizzly, qui l'avait fait chuter en Bourse, et qu'il avait aussitôt démenti tout en annonçant lancer des audits interne et externe.

Mercredi, lors de son assemblée générale, le groupe hôtelier a annoncé mettre en place "des mesures concrètes", notamment "un cadre juridique et un suivi plus stricts" et "le suivi des hôtels qui ne respecteraient pas les standards d'Accor en la matière avec des sanctions associées claires".

Selon la directrice du développement durable Corine Pont, il y a "un décalage entre les allégations et la réalité".

Elle a également souligné que le rapport "se concentrait uniquement sur des demandes de propositions commerciales. Aucun séjour ni aucune réservation n'ont été effectivement réalisées ou confirmées dans le cadre de ces tests", les hôtels ayant par exemple interrompu les échanges suspects.

"Ces éléments démontrent que nos équipes sont alertes et que nos procédures, bien qu'améliorables, ne souffrent pas de défaillances systémiques".

L'audit externe dont l'objectif était "d'évaluer la robustesse" des "procédures de prévention et de lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants à l'échelle du groupe", a été mené par le cabinet GoodCorporation.

Cet audit, lors duquel 225 hôtels dans 56 pays ont été testés, "a permis d'identifier des points à renforcer dans l'application concrète de nos procédures", selon Corine Pont.

"La mise en oeuvre du programme Watch, notre programme de vigilance, s'est révélée variable selon les pays et les modes d'exploitation", a-t-elle relevé. "Neuf hôtels n'ont pas réagi aux signaux d'alerte et douze hôtels ont pris des mesures jugées insuffisantes", selon l'audit externe.

"Nous prenons ces observations très au sérieux et les intégrons pleinement dans le plan d'action", a-t-elle affirmé.

- La succession "n'a rien de tabou" -

Lors de cette assemblée générale, le PDG Sébastien Bazin, dont le mandat a été renouvelé en 2025 pour trois ans, a également évoqué sa succession, "un sujet qui n'a rien de tabou".

"Personne ne doit avoir de crainte sur cette succession", a-t-il dit, "c'est mon dernier mandat et c'est accepté par chacun et par tous".

"C’est dans ces moments qu'il faut se mettre à l’ouvrage pour préparer la succession" en interne ou en externe, selon lui. "Ce ne sera pas ma décision ce sera la décision du conseil d'administration", a-t-il affirmé.

Un peu plus tard, interrogé par un actionnaire, il a ajouté "j'ai eu le temps long pendant 12 ans (...) on a besoin de ce temps long, je ne l'aurai pas en restant, je ne le souhaite pas".

"Je ne suis pas celui qui a la meilleure lecture sur le monde technologique, je le comprends mais je ne sais pas l'anticiper", a-t-il dit.

Lors des votes, la résolution sur la rémunération de Sébastien Bazin au titre de 2025 est passée à 59,96% de votes favorables.

Les ventes totales d'Accor pour le premier trimestre avaient reculé de 2,7% à 1,31 milliard d'euros, pénalisées par les effets de change alors que la guerre au Moyen-Orient commençait à se faire sentir.

La région Moyen-Orient, devait avoir "la croissance la plus forte, 13%", selon Sébastien Bazin, mais elle est aujourd'hui "prévue à -32%".

"Je pense que les prévisions sur 2026 ont été faites avec un arrêt de la guerre en été 2026. Si cette guerre devait s'arrêter bien plus tard, ce serait beaucoup plus dramatique que le -32%", a ajouté le PDG.

O.Meyer--JdB