Harvey Weinstein rejugé pour viol à partir de mardi
Le magnat déchu du cinéma américain Harvey Weinstein est rejugé à partir de mardi à New York lors d'un nouveau procès pour viol, un précédent jury n'étant pas parvenu à un verdict en juin.
Un acquittement ne permettrait toutefois pas la libération du fondateur des studios Miramax, 74 ans, incarcéré dans le cadre d'autres affaires.
Ce nouveau procès porte sur l'accusation de viol en 2013 de l'actrice aspirante Jessica Mann.
En juin à New York, des tensions pendant les délibérations des jurés avaient conduit le juge à déclarer cette procédure nulle, afin qu'elle soit rejugée.
Harvey Weinstein "garde espoir et s'attend à une procédure équitable où les faits le disculperont", a commenté son porte‑parole Juda Engelmayer auprès de l'AFP.
Pour ce nouveau rendez-vous judiciaire, l'ex-producteur américain a remanié son équipe d'avocats, s'adjoignant les services de Jacob Kaplan et Marc Agnifilo. Ils comptent parmi leurs clients Sean "Diddy" Combs, dans son procès pour trafic sexuel, et Luigi Mangione, accusé du meurtre d'un patron d'assurance.
L'homme à la santé déclinante, qui se déplace désormais en fauteuil roulant, s'inquiète de ne pas pouvoir "tenir longtemps" dans la tristement célèbre prison de Rikers Island, où il est détenu dans le cadre de ses procès new-yorkais.
La plupart du temps placé à l'isolement, il a dit au magazine The Hollywood Reporter début mars être "constamment menacé et tourné en dérision".
Il affirme notamment avoir été frappé "violemment au visage" alors qu'il attendait pour passer un coup de téléphone. "Je suis tombé par terre, je saignais de partout. J'ai été très gravement blessé", a ajouté celui qui continue de clamer son innocence.
- Appels -
Le procès qui s'ouvre mardi n'efface pas deux verdicts rendus en juin, dont Harvey Weinstein a fait appel.
Il a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur l'ancienne assistante de production Miriam Haley, forcée à subir un cunnilingus en 2006, et acquitté pour une agression sexuelle similaire présumée la même année sur la mannequin polonaise Kaja Sokola.
Il était alors déjà derrière les barreaux depuis février 2020.
Condamné en 2023 en Californie à 16 ans de prison pour le viol d'une actrice européenne il y a plus de dix ans, le producteur de "Pulp Fiction" et "Shakespeare in Love" a aussi fait appel. Une audience est fixée au 23 avril.
Plus de 80 femmes ont accusé l'ex-magnat du cinéma de violences sexuelles depuis 2017.
Sa première condamnation, à 23 ans de prison pour les faits concernant Miriam Haley et Jessica Mann, remontait à 2020 à New York, au terme d'un procès qui a symbolisé une victoire pour le mouvement #MeToo.
Mais une cour d'appel avait annulé ce verdict en 2024 pour des raisons procédurales.
S.Lambert--JdB