Journal De Bruxelles - Moyen-Orient: les marchés attendent avec prudence les pourparlers au Pakistan

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Moyen-Orient: les marchés attendent avec prudence les pourparlers au Pakistan

Moyen-Orient: les marchés attendent avec prudence les pourparlers au Pakistan

Les Bourses d'Europe ont terminé sur une note prudente une semaine très volatile, dans l'attente des pourparlers annoncés au Pakistan entre les Etats-Unis et l'Iran ce week-end.

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"Les marchés ont envie de donner une chance à la paix", résume Kathleen Brooks, directrice de recherche pour XTB (plate-forme d'investissements en ligne.

"Les investisseurs restent dans une situation de blocage", tempère en attendant Andreas Lipkow de CMC Markets à Francfort, où le DAX a fini stable (-0,01%) vendredi.

"Le volume des échanges recule depuis quelques jours, ce qui reflète également l'attentisme des investisseurs", ajoute-t-il.

Londres a également terminé à l'équilibre (-0,03%), avec des valeurs pétrolières en recul (-1,10% pour BP et -0,81% pour Shell).

A Paris, le CAC 40 a fini sur une timide hausse (+0,17%). Mercredi, l'indice parisien avait enregistré son meilleur résultat en une séance (+4,49%) depuis mars 2022 avec l'annonce d'une trêve entre les Etats-Unis et l'Iran.

Milan a progressé vendredi de 0,59% malgré le recul de la pétrolière ENI (-1,96%).

A Wall Street, après une ouverture en hausse, le Dow Jones (-0,47%) et le S&P 500 (-0,04%) reculaient à 16H00 GMT, tandis que le Nasdaq résistait (+0,35%).

Les marchés boursiers américains ont à peine réagi aux chiffres de l'inflation pour le mois de mars, conformes aux prévisions (+3,3% sur un an, avec progression record de 21,2% des prix à la pompe entre février et mars).

"Cela n'implique pas nécessairement pour autant que la Fed remontera ses taux directeurs, car une résolution de la situation au détroit d'Ormuz pourrait défaire une grande partie du mouvement observé ce mois-ci", commente Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques pour le gestionnaire d'actifs CPR.

- Le pétrole se calme -

Avec les pourparlers à venir, les cours du pétrole se stabilisaient sous la barre des 100 dollars le baril.

Référence global du brut, le Brent remontait légèrement à 16H00 GMT à 96,90 dollars le baril (+1,02%) pour livraison en juin.

Son équivalent américain du WTI s'échangeait à 99,07 dollars le baril, contre 97,87 la veille (+1,23%) pour livraison en mai.

"Le marché (du pétrole) reste pris entre des signaux contradictoires", résume Olé Hansen, responsable de la stratégie des matières premières pour la plate-forme d'investissement en ligne Saxo. "Malgré des mesures prudentes vers la désescalade, le détroit (d'Ormuz) est resté effectivement contraint depuis fin février, avec un trafic maritime limité", développe-t-il.

Donald Trump a mis en garde l'Iran contre la mise en place de tout péage pour les navires souhaitant traverser le détroit. Un pétrolier non-iranien, le premier depuis le début de la trêve mercredi, a franchi jeudi le détroit mais le trafic est encore loin d'un retour à la normale.

- L'inflation pèse sur les taux -

Le spectre de l'inflation entraîne une remontée des taux d'intérêt, ce qui augmente le coût des emprunts des Etats pour financer leurs dettes. Les créanciers se prémunissent ainsi contre une éventuelle perte de valeur de l'argent qu'ils prêtent aux Etats.

Référence en Europe, le taux de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (le "Bund") atteignait 3,05% vendredi à 16H00 GMT, contre 2,99% la veille. Son homologue français affichait un taux de 3,70%, contre 3,61% la veille.

Côté monnaies, le dollar américain freine ses gains "en réaction à l'optimisme croissant des investisseurs quant à une désescalade au Moyen-Orient", note Lee Hardman, analyste de MUFG.

Vers 16H50 GMT, le dollar s'affichait en légère progression face à la monnaie unique, à 1,17 dollar pour un euro.

La Chine grande gagnante de la séquence?

"La Chine est sans doute le gagnant de cette crise, notamment parce qu'elle avait fait de fortes réserves de pétrole avant le début de cette crise", affirme à l'AFP Vincent Juvyns, chef des stratégies d'investissements pour la banque belge ING.

"Chaque crise énergétique entraîne un grand engouement pour les énergies renouvelables. La Chine est le leader mondial des énergies renouvelables", ajoute-t-il, soulignant également la bonne santé des exportations de véhicules électriques chinois.

K.Willems--JdB