Moyen-Orient: les marchés mondiaux dans l'expectative face aux incertitudes
Les Bourses européennes hésitaient sur la marche à suivre, tout comme sans doute Wall Street à l'ouverture, reflet de la situation incertaine au Moyen-Orient qui maintient le prix du baril de Brent toujours au-dessus des 100 dollars.
Peu avant 11H45 GMT, l'indice de Francfort reculait (-0,25%), Paris se maintenait en zone incertaine (+0,10%), Londres progressait prudemment (0,23%) tout comme Milan (0,27%).
A New York, Wall Street devrait ouvrir en léger repli, à en croire les contrats à terme sur les trois principaux indices deux heures avant le coup d'envoi de la séance (Dow Jones -0,17%, Nasdaq -0,07% et S&P 500 -0,14%).
"La situation reste peu claire", résume Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
La réalité de la poursuite du conflit semble dissiper les effets de l'annonce de "négociations" la veille par Donald Trump, une annonce entachée de soupçon de délit d'initiés.
Mardi, l'armée israélienne a annoncé avoir mené une importante série de frappes aériennes à Ispahan, dans le centre de l'Iran, au 25e jour de la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février par une offensive israélo-américaine.
Lundi, Donald Trump avait annoncé des négociations avec un haut dirigeant iranien, et un report de frappes contre des centrales électriques iraniennes jusqu'à la fin de la semaine boursière.
Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait démenti sur X toute négociation avec les Etats-Unis, évoquant "de fausses informations" destinées à "manipuler les marchés financiers et pétroliers".
De fait, un volume supérieur à la moyenne de contrats pétroliers ont été échangés lundi, juste avant l'annonce de Donald Trump qui a fait chuter les prix, ont révélé le Financial Times et Bloomberg.
- Le Brent toujours autour des 100 dollars le baril -
Mardi, les cours du pétrole sont en petite hausse, selon un dernier pointage peu après 11H30 GMT.
Le Brent reste au-dessus de la barre des 100 dollars le baril (+101,69%, +1,75%). Son homologue américain du WTI progressait de 2,80% à 90,60 dollars le baril.
"Le détroit d'Ormuz reste fortement contraint, avec seulement un nombre limité de pétroliers traversant cette voie maritime stratégique", note Ipek Ozkardeskaya de Swissquote. "Les actions sont de nouveau sous pression".
- L'incertitude sur les marchés obligataires -
Lundi, les taux d'intérêt sur la dette des Etats avaient connu une journée en montagne russe, avec un repli après une forte hausse.
Principale référence en Europe, le rendement de la dette allemande à dix ans repassait très légèrement sous la barre des 3% mardi en milieu de journée. Son équivalent français se fixait à 3,71%. Le taux américain à dix ans se maintenait à 4,37%.
- Même l'or ne brille plus -
Dans ces marchés incertains, l'or n'est plus une valeur refuge, analyse John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank dans sa note matinale.
"La semaine passée, l'or a subi sa plus violente correction hebdomadaire depuis 1983, un constat qui a sidéré tous ceux qui continuaient à voir dans le métal jaune un refuge automatique dès que le monde s'embrase", note-t-il.
A.Martin--JdB