Journal De Bruxelles - "Maîtrise du ciel": face aux drones et missiles, Thales dévoile son bouclier aérien

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"Maîtrise du ciel": face aux drones et missiles, Thales dévoile son bouclier aérien
"Maîtrise du ciel": face aux drones et missiles, Thales dévoile son bouclier aérien / Photo: JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

"Maîtrise du ciel": face aux drones et missiles, Thales dévoile son bouclier aérien

"Maîtriser le ciel" dans les guerres modernes: face à l’usage massif de drones et de missiles en Ukraine comme au Moyen-Orient, Thales a annoncé mercredi le lancement de SkyDefender, un dôme de défense anti-aérienne qui regroupe des éléments déjà existants.

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SkyDefender conçu dans la lignée des systèmes Iron Dome israélien et Golden Dome voulu par Donald Trump est capable de détecter à les missiles balistiques à 5.000 km. Ce système d'alerte précoce combine radars terrestres, capteurs infrarouge sur des satellites en orbite géostationnaire et moyens de neutralisation des menaces (missiles, roquettes et autres munitions).

Il s'agit d'un système dont les éléments ont été "éprouvés au combat", "facile à intégrer" et "disponible dès aujourd'hui", a souligné au cours d'un point presse Hervé Dammann, directeur général adjoint chargé des systèmes terrestres et aériens de Thales.

"Depuis 2026, on est dans une période de rupture" avec "la place centrale de la puissance militaire aérospatiale", a souligné le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace française lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes spécialisés dans la défense.

"Si vous n'avez pas la maîtrise du ciel, vous perdez la guerre et vous la perdez très vite", a-t-il déclaré.

SkyDefender est orchestré par un système de commandement et de contrôle que Thales propose "de façon agnostique", c'est-à-dire compatible avec les défenses aériennes existantes, a expliqué Hervé Dammann.

Les clients potentiels pourront acheter des éléments manquants du "dôme" en fonction de leurs besoins.

- "Difficulté" de neutraliser les drones -

SkyDefender permet une protection contre tous types de menaces aériennes allant de quelques kilomètres (antidrones) à 5.000 km (contre les missiles balistiques).

La protection "courte portée" contre les drones repose sur les missiles LMM, déjà utilisés en Ukraine et les canons de défense anti-aérienne.

Le système ne prévoit pas à ce jour de drones intercepteurs, qui pourraient l'intégrer ultérieurement, et "pourra être mis à jour au fur et à mesure que les menaces évoluent", selon Hevré Dammann.

Pour le général Bellanger, "on a fait un bond en avant, notamment en matière de détection et d'identification, mais on a encore quelques difficultés en matière de neutralisation des drones".

"On est sur le brouillage, sur des armements à énergie dirigée, on aimerait avoir des moyens de neutralisation cinétique" qui détruisent la cible par impact, a-t-il poursuivi, jugeant "extrêmement prometteuse" par exemple la solution proposée par la start-up Alta Ares. Cette société, implantée en Ukraine dès le début de la guerre, équipe des drones ukrainiens d'un logiciel qui augmente le taux d'interception de 30 à 65% et vise 85% comme pour le missile américain Patriot.

Leur approche consiste à développer un interpecteur autonome et très rapide capable de traiter des essaims de drones, pour un coût inférieur à un missile classique.

- "Regain d'intérêt" -

La protection moyenne portée de SkyDefender est assurée par le système antimissile terrestre SAMP-T NG, récemment acheté par le Danemark, et le radar Ground Fire, capables de détecter des cibles jusqu’à 150 km et d'assurer une couverture à 360° sur le théâtre d’opérations.

Pour la défense longue portée, un satellite géostationnaire détecte grâce aux capteurs infrarouges le départ d'un missile balistique ou avion de combat à une distance allant jusqu'à 5.000 km. Il envoie l'information vers les radars terrestres ultra-haute fréquence UHF et Smart-L MM.

"En quelques secondes", le centre de contrôle et de commandement va déterminer "le meilleur moyen" pour neutraliser la menace, explique Hervé Dammann.

"La défense aérienne a été négligée en Europe, il y a un regain d'intérêt", constate le responsable.

"On va peut-être même proposer SkyDefender ou des briques du système pour le projet Golden Dome aux États-Unis", un bouclier antimissile qui n'a pas encore été déployé, a-t-il conclu.

U.Dumont--JdB