Journal De Bruxelles - Bruxelles répond jeudi à une pétition pour rendre l'avortement accessible à toutes

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Bruxelles répond jeudi à une pétition pour rendre l'avortement accessible à toutes
Bruxelles répond jeudi à une pétition pour rendre l'avortement accessible à toutes / Photo: Simon Wohlfahrt - AFP/Archives

Bruxelles répond jeudi à une pétition pour rendre l'avortement accessible à toutes

La Commission européenne rend jeudi son verdict après avoir reçu une pétition exigeant que toutes les femmes du continent aient accès à des avortements "sûrs".

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"Soyez patients, ayez confiance", a assuré la commissaire européenne aux Droits des femmes Hadja Lahbib dans un message publié sur son compte Instagram.

La réponse de la Commission sera "claire" et "transparente", a-t-elle assuré, soulignant que l'Union européenne défendait "la sécurité et la dignité des femmes" en matière de santé.

Le mouvement "Ma voix, mon choix", à l'initiative de cette pétition, est toutefois sceptique de la réponse de Bruxelles, qui sera présentée en milieu d'après-midi.

"Nous avons obtenu des informations officieuses selon lesquelles le projet de décision est rédigé sur un ton négatif", a écrit le collectif d'organisations sur son site cette semaine.

Cela a provoqué une forte mobilisation sur les réseaux sociaux, y compris de personnalités, comme Mark Ruffalo.

L'acteur américain a lancé un plaidoyer en faveur de l'initiative, se disant convaincu que l'UE pouvait être "leader, tant pour les droits des femmes que pour la démocratie".

"Ce qui pourrait se passer cette semaine est dévastateur", a-t-il averti sur les réseaux sociaux, exhortant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à "faire la différence".

- Malte, Pologne -

L'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) diffère nettement d'un pays européen à l'autre: il est protégé par la Constitution en France, mais très restreint dans d'autres Etats.

C'est notamment le cas à Malte. Ou en Pologne, un pays de 38 millions d'habitants qui dispose d'une des législations les plus strictes en la matière: seuls 896 avortements ont été pratiqués en 2024, selon des chiffres officiels.

"Nous savons que dans de nombreux pays européens, l'avortement n'est pas sûr, n'est pas accessible, n'est pas gratuit et nous voulons offrir à chaque femme la possibilité d'y avoir recours", avait déclaré en septembre Federica Vinci, une des coordinatrices de cette initiative qui a abouti à une pétition citoyenne.

Son groupe juge "inacceptable que des femmes meurent encore aujourd'hui en Pologne, ainsi que dans d'autres pays à cause de cela".

Et réclame que l'UE mette en place un mécanisme financier qui aiderait les Etats membres à proposer des avortements à celles qui n'y ont pas accès. Or ces associations et certains eurodéputés de gauche craignent que Bruxelles n'aille pas assez loin dans ce sens.

Cette pétition est une initiative citoyenne, un dispositif qui contraint l'exécutif européen à se saisir d'un dossier, moyennant un million de signatures provenant de citoyens d'au moins sept Etats membres différents.

Ce mécanisme n'a toutefois pas d'effet contraignant: rien ne l'oblige à transformer cette initiative en nouvel acte juridique européen.

K.Laurent--JdB