Trump prononce son "discours sur l'état de l'Union"
Bousculé par la Cour suprême, malmené dans les sondages, menacé d'une sanction électorale à l'automne, Donald Trump a entamé mardi soir au Capitole son "discours sur l'état de l'Union".
"Après seulement un an, je peux dire dignement et fièrement que nous avons accompli une transformation sans précédent et un redressement historique", va-t-il déclarer, selon des extraits de son "discours sur l'état de l'Union" communiqués à l'avance par la Maison Blanche.
"Comme président, je ferai la paix chaque fois que je le pourrai mais je n'hésiterai jamais à affronter les menaces contre l'Amérique où qu'elles soient", a également prévu de dire le président américain, qui a plusieurs fois menacé de frapper l'Iran.
- "Amérique d'abord" -
Son allocution solennelle face au Congrès, qui rappellera sa volonté de faire passer "l'Amérique d'abord", sera une harangue de campagne.
Habitué à gouverner sans entraves, le républicain de 79 ans verrait sa marge de manoeuvre considérablement réduite si son parti perdait le contrôle du Parlement en novembre lors des "midterms".
Donald Trump, ancien animateur de téléréalité qui préfère les improvisations sans filtre aux contraintes d'un téléprompteur, pourrait selon certains médias parler pendant plus de deux heures.
Dans l'hémicycle, les élus conservateurs de la Chambre des représentants et du Sénat jaugeront ce chef à l'impopularité croissante.
Plusieurs dizaines de parlementaires de l'opposition démocrates ont eux choisi de laisser leurs sièges vides.
Donald Trump a fort à faire pour convaincre les Américains que "l'âge d'or" promis il y a un an lors de son investiture est à portée de main.
- Cour suprême -
Dans un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d'achat s'est dégradé depuis qu'il est revenu au pouvoir en janvier 2025.
Selon des journalistes invités à déjeuner avec le président avant cette allocution solennelle, Donald Trump va annoncer de nouvelles baisses d'impôts.
L'ancien promoteur immobilier fait reposer sa promesse de prospérité et de rayonnement international essentiellement sur un outil: les droits de douane.
La Cour suprême vient de lui infliger un coup majeur en invalidant une bonne partie des taxes douanières dont il a assommé les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Quatre des neuf juges de l'institution, que Donald Trump a violemment critiquée, sont au premier rang pour son discours. Il leur a serré la main à son arrivée.
- Hockey et Epstein -
Pour prononcer la traditionnelle réponse au président, le Parti démocrate a choisi la nouvelle gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, élue après une campagne pragmatique et centriste.
Les pays alliés et rivaux des Etats-Unis guetteront tout indice sur les intentions de l'imprévisible commandant en chef en Iran, alors qu'il a massé au Moyen-Orient d'importants moyens militaires.
Outre l'économie, il devrait évoquer l'immigration, un autre axe majeur de son programme.
Son gouvernement a mis fin aux opérations massives de la police de l'immigration à Minneapolis (nord), après la mort de deux manifestants tués par des agents fédéraux. Mais Donald Trump n'a pas remis fondamentalement en question sa politique anti-immigration, dont la brutalité heurte nombre d'électeurs.
Le républicain a invité l'équipe masculine de hockey sur glace des Etats-Unis, qui vient de remporter l'or olympique, espérant certainement capter un peu de leur aura victorieuse.
Il a aussi convié Erika Kirk, veuve de l'influenceur pro-Trump Charlie Kirk, assassiné en septembre et dont la Maison Blanche, au diapason de la droite chrétienne, a fait un "martyr".
Certains parlementaires démocrates ont invité des victimes de l'ancien financier Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels et dont Donald Trump a été proche.
R.Michel--JdB