Amélie de Montchalin nommée à la tête de la Cour des Comptes à partir du 23 février
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a été nommée mercredi comme première présidente de la Cour des comptes à compter du 23 février, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à l'issue du Conseil des ministres.
Le choix d'Amélie de Montchalin a été vivement critiqué par les oppositions, du LFI au RN, car elle sera amenée à statuer sur le déficit public et les choix budgétaires du gouvernement dont elle aura fait partie.
Mais, pour Maud Bregeon, cette nomination "ne pose pas de conflit d'intérêts" parce que "l'organisation inhérente à la Cour des comptes, le fait qu'elle repose notamment sur des décisions collégiales, fonde son indépendance".
"Amélie de Montchalin a toutes les compétences pour mener à bien cette mission. C'est une nomination qui fait suite à ce qu'elle a démontré pendant les débats parlementaires. Il n'est pas inhabituel d'avoir un responsable politique à ce poste, et nous assumons de nommer un responsable politique", a-t-elle défendu.
La ministre deviendra ainsi la première femme à diriger la Cour des comptes, institution plus de deux fois centenaire.
Contrairement à d'autres postes prestigieux, cette nomination ne nécessite pas d'approbation par les commissions des Finances du Parlement. Mais depuis la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012), les premiers présidents de la Cour des comptes étaient systématiquement sélectionnés dans l'opposition.
"Comment la ministre actuelle pourrait donner un avis crédible sur le budget qu'elle a elle-même préparé ?", a interrogé le président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée, Éric Coquerel, qui a ferraillé avec elle pendant des mois sur la loi de finances 2026.
Au-delà, c'est davantage une volonté prêtée à M. Macron de placer ses proches à la tête des principales institutions à l'approche de la fin de son mandat qui est mise en cause.
Marine Le Pen a ainsi accusé mercredi le chef d'Etat de chercher à "placer ses fidèles et perturber la future alternance démocratique".
Les oppositions questionnent également la jeunesse de la ministre, âgée de 40 ans, alors que sa nomination est irrévocable et que l'âge limite pour quitter le poste de premier président de la Cour des comptes est de 68 ans.
Pur produit du macronisme, élue députée en 2017 et propulsée deux ans plus tard dans le deuxième gouvernement d'Édouard Philippe, avant une mini traversée du désert, Amélie de Montchalin s'est imposée au sein de l'équipe gouvernementale depuis fin 2024 où elle a été rappelée par François Bayrou.
Ses compétences techniques, sa répartie notamment vis-à-vis des oppositions et son ton didactique au fil de dizaines d'heures de débat avaient notamment été salués par de nombreux parlementaires, y compris dans l'opposition.
U.Dumont--JdB