Journal De Bruxelles - Le trafic aérien européen au niveau de 2019, les low-cost en profitent

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Le trafic aérien européen au niveau de 2019, les low-cost en profitent
Le trafic aérien européen au niveau de 2019, les low-cost en profitent / Photo: Christof STACHE - AFP/Archives

Le trafic aérien européen au niveau de 2019, les low-cost en profitent

Les compagnies aériennes low-cost sont sorties gagnantes de la période post-pandémique en Europe, dépassant leurs concurrentes classiques tandis que les mouvements d'avions dans la zone ont pour la première fois retrouvé l'année dernière leur niveau de 2019.

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Selon un bilan publié vendredi soir par Eurocontrol, organisme de surveillance du trafic aérien paneuropéen, pas moins de 11,1 millions de vols ont eu lieu en 2025 dans les espaces de ses pays membres, qui vont au-delà de l'Europe politique puisqu'ils incluent le Maroc, la Turquie, l'Arménie et Israël, entre autres.

Le trafic, qu'il s'agisse de trajets au départ, à l'arrivée ou en transit, s'est donc établi à 30.474 vols quotidiens en moyenne en 2025, contre 30.427 en 2019, dernière année pleine avant que la pandémie porte un coup sévère au trafic. Sur un an, la progression a été de 4%.

Eurocontrol, qui s'intéresse en priorité au nombre de vols à gérer par les contrôleurs aériens, a souligné que le niveau de passagers de 2019 dans sa zone avait été dépassé dès 2024, fruit d'avions plus gros et plus remplis.

Comme déjà évoqué par d'autres acteurs, la reprise de ce type de transport en Europe depuis la pandémie s'est révélée contrastée: "tous les pays d'Europe du Sud ont largement dépassé leur niveau de trafic de 2019, avec une croissance à deux chiffres, en raison d'une forte demande touristique", a noté Eurocontrol.

Ainsi de la Grèce (+23% en six ans), la Turquie (+20%), l'Espagne (+13%) ou l'Italie (+10%) pour les départs et arrivées, excluant les survols.

- Istanbul, premier aéroport -

En Europe du Nord, en revanche, "la plupart des pays n'ont pas retrouvé leurs niveaux d'avant la pandémie", a signalé Eurocontrol, en citant le cas de l'Allemagne (-13% pour les départs et arrivées), les Pays-Bas et le Royaume-Uni (-4% tous les deux). La France a quant à elle évolué deux points sous les niveaux des mouvements de vol de 2019.

La compagnie allemande Lufthansa a pâti de la déprime de son marché d'origine, avec 24% de vols en moins qu'en à 2019, et encore un repli de 2% sur un an.

Les transporteurs low-cost, dont la desserte des destinations ensoleillées constitue le cœur de métier, ont bénéficié de la déformation du marché et se sont arrogé 35,4% des vols l'année dernière, dépassant pour la première fois leurs concurrents classiques (34,7%). Le solde a été partagé par les compagnies régionales, les vols d'affaires et de fret.

Ryanair, de loin la première compagnie européenne, une palme qu'elle détient depuis 11 ans, a régné sur plus de 10% du marché avec 3.184 vols par jours en moyenne, un bond de 37% depuis 2019, selon Eurocontrol. Le podium a été complété par EasyJet (1.611 vols, -4% en six ans), talonnée par Turkish Airlines (1.559, +17%).

La Turquie s'est aussi distinguée en décrochant pour la quatrième année consécutive la première place des aéroports pour le nombre de mouvements: la récente plateforme d'Istanbul a attiré 1.491 vols quotidiens en moyenne, devant Amsterdam-Schiphol (1.351), Londres-Heathrow (1.315), Paris-Charles-de-Gaulle (1.314) et Francfort (1.261).

Il faudra attendre les données de l'association européenne des aéroports ACI Europe pour vérifier si ce classement reste valable en nombre de passagers, indicateur privilégié par les exploitants.

Malgré un trafic record, la fluidité des opérations aériennes s'est améliorée sur un an, a remarqué Eurocontrol, et ce alors que la fermeture des espaces aériens de Russie et d'Ukraine depuis l'invasion de ce dernier pays en 2022 par les troupes de Moscou a compliqué la tâche des contrôleurs.

Les retards de vols dus au contrôle aérien ont atteint 2,4 minutes par vol en moyenne l'année dernière, une baisse de 17% sur un an, attribuée par l'organisme à "une meilleure coordination des parties prenantes, des mesures d'anticipation et une réduction significative des perturbations météorologiques".

Côté perspectives, Eurocontrol a estimé que la croissance du trafic aérien européen se poursuivrait en 2026, à 11,4 millions de vols, soit une progression de 3,2%, dans un scénario médian.

L'organisme a été moins optimiste pour les années suivantes, envisageant un taux de croissance annuel moyen du nombre de mouvements de 1,8% sur la période 2027-2031.

A.Martin--JdB