Tunisie: quatre morts dans des pluies "exceptionnelles", situation "critique" dans certaines régions
Quatre personnes sont mortes en Tunisie dans des inondations provoquées par des pluies record, un responsable parlant mardi de situation "critique" dans certains gouvernorats, tandis que des écoles ont été fermées notamment dans la capitale.
"Nous avons enregistré des quantités exceptionnelles de pluies pour un mois de janvier" dans certaines régions comme Monastir (centre-est), Nabeul (nord-est) et le Grand Tunis, a dit à l'AFP Abderazak Rahal, directeur des prévisions à l'Institut national de la météorologie (INM).
De telles valeurs n'ont pas été enregistrées dans ces régions depuis 1950, a-t-il précisé.
Quatre personnes sont décédées à Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, a indiqué à l'AFP Khalil Mechri, un porte-parole de la Protection civile.
Parmi elles figure une quadragénaire emportée par les eaux, a indiqué le directeur régional de la Protection civile, Abderraouf Marouani, sur la radio Mosaïque FM.
Des images impressionnantes de rues inondées circulaient sur les réseaux sociaux, montrant aussi de nombreuses voitures bloquées dans des torrents d'eau montant jusqu'aux portières.
L'armée, membre de la commission de lutte contre les catastrophes naturelles, participe aux opérations de sauvetage, a indiqué à l'AFP une source au sein du ministère de la Défense qui a requis l'anonymat.
Les fortes pluies n'ont quasiment pas cessé depuis lundi soir dans la capitale Tunis et d'autres régions du centre-est.
La section locale de l'Ordre des avocats a annoncé la suspension des audiences dans les tribunaux du Grand Tunis au vu de la situation.
Les cours ont aussi été suspendus dans les écoles de la capitale et d'autres régions, selon les autorités citées par plusieurs médias locaux. Les transports, publics et privés, étaient également fortement perturbés, voire à l'arrêt.
Le village touristique de Sidi Bou Saïd, en banlieue de Tunis, a enregistré 206 mm de précipitations selon Sarhan Rahali, un responsable de l'INM, tandis que dans la ville de Sayada, 250 mm de pluie se sont abattus en quelques heures, selon M. Marouani.
Mehrez Ghannouchi, un autre responsable de l'INM, a évoqué sur Facebook une situation "critique" dans certaines régions.
Si ces pluies sont record, il est courant que des rues soient envahies par les eaux après des précipitations dans le pays, en raison du mauvais état de nombreuses infrastructures.
Les réseaux de drainage et d'évacuation des eaux pluviales sont souvent anciens, sous-dimensionnés ou mal entretenus, surtout dans les zones urbaines en forte expansion.
L'urbanisation rapide et parfois anarchique a également réduit les surfaces perméables et accentué le ruissellement, tandis que l'encombrement des canalisations par les déchets limite l'écoulement de l'eau.
La Tunisie a traversé ces dernières années des périodes de sécheresse prolongée, aggravées par le changement climatique et marquées par un recul important des réserves d'eau dans les barrages.
Cette situation a entraîné un stress hydrique sévère, affectant particulièrement l'agriculture et l'approvisionnement en eau potable, avec des restrictions et des coupures dans plusieurs régions surtout l'été.
T.Moens--JdB