Incendie de Hong Kong : 146 morts, un activiste réclamant justice présumé arrêté
Les policiers ont continué dimanche à extraire des corps du complexe résidentiel de Hong Kong ravagé par un incendie qui a fait au moins 146 morts jusqu'alors mais pour lequel la demande publique de justice risque de peiner à se faire entendre.
Les médias locaux ont rapporté samedi soir qu'un étudiant de 24 ans, Miles Kwan, à l'origine avec d'autres d'une pétition réclamant des comptes pour le pire incendie qu'ait connu la ville depuis 1948 avait été arrêté. La pétition en ligne, qui avait recueilli plus de 10.000 signatures en moins d'une journée, a été supprimée.
L'AFP a essayé à plusieurs reprises de joindre Miles Kwan, vainement.
Le Bureau pour la sauvegarde de la sécurité nationale, le bras sécuritaire de Pékin à Hong Kong, avait publié samedi un communiqué affirmant soutenir les autorités locales dans leur action pour réprimer les agissements de ceux qui, selon lui, "se servent du drame pour semer le chaos", sans désigner de fait précis.
Quatre jours après le sinistre, Hong Kong a continué à communier dans le recueillement et les policiers ont continué à inspecter les tours calcinées du complexe de Wang Fuk Court, dans le district de Tai Po.
- Plus d'un tiers des victimes non identifiées -
Ils ont fait dans les appartements, les cages d'escalier, les couloirs et même sur les toits de trois immeubles de nouvelles découvertes macabres, portant de 128 à 146 le nombre de personnes décédées.
Les journalistes de l'AFP ont vu les policiers transporter de nouveaux sac mortuaires hors des décombres.
Sur les 146 victimes, 54 ne sont toujours pas identifiées.
"Nous ne pouvons pas exclure qu'il y ait davantage de personnes décédées", a dit devant la presse un représentant de la police, Tsang Shuk-yin.
Le sinistre s'est déclaré mercredi après-midi, pour des raisons encore inconnues, dans cet ensemble de 1.984 logements et huit tours de 31 étages dans le nord de la ville. Le complexe, inauguré en 1983, était en cours de rénovation, mais toujours habité.
Les flammes se sont propagées à grande vitesse, apparemment favorisées par l'emploi de matériaux inflammables pour la rénovation et l'usage, commun à Hong Kong, de bambou plutôt que de métal pour les échafaudages.
Les pompiers ont confirmé les dires de nombreux survivants selon lesquels les alarmes n'avaient pas fonctionné.
C'est l'incendie d'immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l'exclusion de feux survenus dans des nightclubs, des prisons ou des centres commerciaux, d'après des recherches dans la base de données des catastrophes de l'Université de Louvain en Belgique.
- Deuxième jour de deuil -
Hong Kong a observé une deuxième journée de deuil. Comme la veille, les anonymes ont formé une file de plus d'un kilomètre de pour venir déposer des fleurs ou prononcer une prière à l'emplacement prévu à cet effet au pied des tours.
Des centaines d'Indonésiens et de Philippins, nombreux dans le territoire, ont organisé leur hommage ailleurs dans la ville.
Le consulat d'Indonésie a indiqué que sept ressortissants avaient péri dans l'incendie. Celui des Philippines a rapporté un décès.
Une commission avait annoncé vendredi soir l'arrestation de huit personnes pour des faits présumés de corruption sur le marché de rénovation: deux responsables du bureau d'études en charge de la rénovation, deux chefs de travaux, trois sous-traitants en échafaudages et un intermédiaire.
Samedi, elle a annoncé trois nouvelles arrestations d'individus de 52 à 68 ans, qui avaient déjà interpellés par la police, puis relâchés.
D.Mertens--JdB