Journal De Bruxelles - Dauphins: un rapport scientifique explore des alternatives à la fermeture de la pêche

Euronext
AEX -1.26% 979.15
BEL20 0.73% 5220.95
PX1 -0.04% 8233.92
ISEQ -0.83% 12973.3
OSEBX -0.98% 1681.32 kr
PSI20 -0.41% 8479.08
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK 2.99% 4093.33
N150 0.62% 3891.47
Dauphins: un rapport scientifique explore des alternatives à la fermeture de la pêche
Dauphins: un rapport scientifique explore des alternatives à la fermeture de la pêche / Photo: SEBASTIEN SALOM GOMIS - AFP/Archives

Dauphins: un rapport scientifique explore des alternatives à la fermeture de la pêche

Un rapport scientifique publié mardi, portant sur les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, évalue des mesures plus ciblées que la fermeture temporaire de la pêche, reconduite cet hiver, afin de préserver les cétacés - mais aussi la filière.

Taille du texte:

"Cette mesure, efficace à court terme mais coûteuse sur le plan économique et social, appelle à discuter et évaluer des options alternatives", écrivent dans un communiqué les auteurs du projet Delmoges, piloté par l'Ifremer, La Rochelle Université et le CNRS, en partenariat avec l'Université de Bretagne occidentale et le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

L'interdiction de la pêche a été reconduite du 22 janvier au 20 février 2026, pour la troisième année consécutive, dans le golfe de Gascogne.

Lancé en 2022, le projet Delmoges a mené l'enquête auprès de divers acteurs, dont la filière pêche et des ONG, avec une volonté de concilier protection de la biodiversité et pérennité des activité économiques.

Balises acoustiques, changement de stratégie de pêche, fermeture temporaire des zones à risque...

"Il n'y a à ce jour pas de solution parfaite", a déclaré à l'AFP Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l'Ifremer.

"Une bonne mesure de gestion, c'est une mesure qui est à la fois efficace pour les dauphins, facile à mettre en œuvre et à contrôler et qui n'a pas ou peu d'impact socio-économique. Il n'y a pas de mesure idéale qui combine parfaitement ces trois aspects", détaille la chercheuse, en appelant à "continuer le dialogue sur des combinaisons de mesures, ou des mesures plus ciblées".

Parmi les propositions avancées durant l'enquête, le rapport mentionne notamment l'installation de répulsifs acoustiques pour dauphins (pingers), un changement d’engin de pêche (du filet vers la ligne par exemple) en échange de quotas supplémentaires ou le choix entre un changement d’engin de pêche et l’installation de caméras... Mais aucune de ces mesures n'a remporté d'adhésion franche des pêcheurs, ONG, scientifiques et du public.

Les scientifiques soulignent par ailleurs que le réchauffement des eaux, sous l'effet du changement climatique, concentre les proies des dauphins (les petits poissons pélagiques) près des côtes, attirant ces derniers dans les zones de pêche hivernales, et augmentant ainsi leur vulnérabilité.

"Les dauphins, globalement en bonne santé au moment de leur mort, sont capturés lorsqu'ils chassent activement les anchois et sardines", résument les auteurs du rapport.

En croisant toutes les données disponibles sur les cétacés, leurs proies et les captures observées sur une période donnée, les scientifiques ont pu identifier des zones où le risque était le plus élevé, ce travail de "cartographie fine" ouvrant la voie, selon eux, à des mesures de gestion plus adaptées.

Selon le CNPMEM, le rapport confirme que la hausse des captures accidentelles depuis 2016 "est liée avant tout au déplacement des dauphins vers les zones côtières", du fait de l'évolution climatique, les pêcheurs en étant "directement impactés".

Alors que selon l'observatoire spécialisé Pelagis, la fermeture temporaire du golfe de Gascogne a réduit de 60% les captures accidentelles à l'hiver 2024/2025 comparé aux années précédentes, les professionnels considèrent que "l'impact réel" de cette mesure reste à évaluer et que des "solutions adaptées et opérationnelles" restent à trouver.

J.M.Gillet--JdB