Journal De Bruxelles - Présidentielle au Pérou: Fujimori en tête, incertitude sur son adversaire

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Présidentielle au Pérou: Fujimori en tête, incertitude sur son adversaire
Présidentielle au Pérou: Fujimori en tête, incertitude sur son adversaire / Photo: ERNESTO BENAVIDES - AFP

Présidentielle au Pérou: Fujimori en tête, incertitude sur son adversaire

Le premier tour de l'élection présidentielle au Pérou s'est achevé lundi après une journée de vote supplémentaire en raison de défaillances logistiques, avec Keiko Fujimori en position d'accéder au second tour face à un adversaire encore incertain.

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La candidate de droite de 50 ans, fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), arrive en tête avec 17% des voix, selon un décompte préliminaire officiel portant sur plus de la moitié des bulletins dépouillés.

Ces résultats, encore dominés par les votes de Lima comptabilisés en premier, placent pour l'heure l'ancien maire ultraconservateur de la capitale Rafael Lopez Aliaga, 65 ans, en deuxième position, derrière Keiko Fujimori.

Des projections de l'institut Ipsos dessinent cependant un scénario différent, créditant le candidat de gauche radicale Roberto Sanchez, 57 ans, proche de l'ancien président emprisonné Pedro Castillo (2021-2022), d'une place au second tour.

"Nous saluons le soutien de tous les peuples" et "nous plaidons pour un nouveau grand pacte social entre tous les Péruviens, qui passe par une nouvelle Constitution", a déclaré M. Sanchez lundi à la presse.

L'électorat le plus solide de cet ancien ministre qui capitalise sur le rejet des partis traditionnels se situe dans les zones rurales du sud andin.

Les résultats complets de ce scrutin, marqué par un record de 35 candidats, pourraient ne pas être connus avant plusieurs jours.

Des problèmes dans l'acheminement du matériel électoral ont contraint les autorités à organiser une journée de vote supplémentaire, durant laquelle les 13 bureaux concernés ont ouvert avec retard, attisant la frustration d'électeurs déjà à cran.

"Les autorités sont tellement incompétentes", a dénoncé Nancy Gomez, 56 ans.

La journée de dimanche avait déjà été marquée par de longues files de Péruviens contraint d'attendre sous la chaleur devant des bureaux restés fermés.

- Plainte -

La plus haute instance électorale, le Jury national électoral (JNE), a déposé plainte lundi contre le chef de l'Office national des processus électoraux (ONPE) Piero Corvetto et plusieurs autres responsables de l'organisme, pour atteinte au droit de vote et entrave au bon déroulement du scrutin.

Plus tôt, la police avait annoncé sur X l'arrestation d'un responsable de l'organisme, accusé "d'omission, de refus ou de retard dans l'exercice de ses fonctions". Des investigations sont en outre menées auprès d'un sous-traitant chargé de livrer le matériel électoral.

Plus de 27 millions d'électeurs ont été appelés aux urnes pour élire président et parlementaires lors de ce vote obligatoire, qui marque le retour d'un Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990.

Le scrutin s'inscrit dans un climat de montée de l'insécurité et de profonde défiance envers la classe politique, avec huit présidents depuis 2016 dont la moitié ont été destitués par le Parlement.

Les homicides ont plus que doublé depuis 2018, atteignant environ 2.600 par an, tandis que les plaintes pour racket ont été multipliées par huit, selon des chiffres de la police.

Les candidats ont ainsi rivalisé de propositions radicales, allant de la construction de prisons dans la jungle, à des primes pour les policiers tuant des criminels ou au retour de la peine de mort.

Keiko Fujimori, candidate pour la quatrième fois, s'est engagée dans un entretien à l'AFP à "rétablir l'ordre" dès ses 100 premiers jours, promettant d'expulser les migrants en situation illégale. Comme d'autres candidats, elle associe l'immigration irrégulière à la montée de la criminalité.

Rafael Lopez Aliaga, qui incarne une droite radicale imprégnée de conservatisme religieux, promet aussi des expulsions et une ligne dure.

"A chaque élection, ils promettent et promettent encore, mais ne tiennent pas leurs engagements comme ils le devraient", soupire Carmen Garcia, une commerçante de 63 ans à Lima.

L'actuel président de gauche par intérim, José Maria Balcazar, ne pouvait pas se présenter. Son successeur doit être investi le 28 juillet.

P.Claes--JdB